Photographe, plasticien et architecte, je suis avant tout issu d'un parcours transdisciplinaire — passé par la topographie, le génie civil et l'étude des processus industriels avant de me consacrer à l'art.
Ma photographie est autant un outil d'exploration qu'un moyen d'écriture. Tantôt je remonte à la source de la photographie par la fabrication et l'utilisation de sténopés et d'appareils modifiés, tantôt j'utilise l'électronique, l'informatique ou la chimie. La transdisciplinarité vaut chez moi pour posture : peu importe les moyens qu'il faut convoquer, seul compte l'imaginaire qu'ils permettent d'atteindre.
J'enseigne les arts plastiques et visuels à l'École Nationale Supérieure d'Architecture et de Paysage de Lille (ENSAPL), où mes recherches et mes dialogues théoriques nourrissent directement mes cours, notamment en histoire de l'art. Mon atelier, La Danseuse [Art Contemporain], est basé à Roubaix.
Je ne travaille pas en continu, mais par salves, sous des contraintes que je m'impose ou qui me sont extérieures. J'appelle contrainte heuristique la résistance conçue comme opérateur générateur de la création — et mise en coïncidence la rencontre signifiante entre l'œuvre et celui qui la regarde. Une part importante du travail consiste à fabriquer des échéances qui aient du sens, indépendamment des institutions qui pourraient les imposer.
M'intéressent particulièrement les contradictions structurelles de qui refuse l'art comme marchandise tout en opérant dans les conventions du marché de l'art — une tension que je ne cherche pas à résoudre mais à habiter.